Depuis un certain temps, il y a un truc qui me dérange, qui m'enlève le goût de lire des blogs ou d'écrire sur le mien. Je n'arrivais pas exactement à mettre le doigt sur le ou les choses: bang! Révélation! J'ai lu ce
texte, et ça m'a sauté au visage. Le texte ne parle pas exactement de ce que je ressentais et le texte "visé" n'était pas nécessairement représentatif non plus de ce que je ressentais et qui devenait si claire, mais ça a quand même fait bingo dans ma tête: le syndrome de Manolo. Qu'est-ce que le syndrome de Manolo: la tendance a crier PERSÉCUTION à tout propos. Ça. M'énerve! Je ne doute pas que des mères jugent d'autres mères, mais j'ai remarqué une tendance assez lourde a entendre des jugements dans chaque mot, chaque question, chaque désaccord. On ne peut plus dire qu'on allaite sans se faire dire "C'est ça, c'est ça, tu me juges" par une maman qui n'allaite pas. Et c'est pareil pour n'importe quoi, les couches, la nourriture, la façon d'endormir les enfants, et, la plus drôle, avoir ou non la péridurale. Je ne connais pas la réalité de toutes les régions, mais à l'hôpital où j'ai accouché, le taux de péridurale est de 90%... c'est passablement écrasant comme majorité alors franchement, se sentir persécutée parce qu'on a pris la péri, je trouve ça un peu poussé!! Un autre truc aussi que j'ai lu souvent concerne l'allaitement exclusif pendant 6 mois. Le fait qu'une seule once de préparation nous mette dans la catégorie de l'allaitement mixte semble en offusquée plus d'une. Euh... Pourquoi? Qu'est-ce que ça peut foutre?? C'est juste des chiffres, des statistiques, en quoi c'est si offensant de se faire ranger dans les non-allaiteuses exclusives? Je ne comprends pas. Persécution, les statistiques disent que je n'ai pas allaité exclusivement 6 mois parce que mon bébé a eu 2 onces de préparation à l'hôpital! Come on!!
Oui, il y a des gens qui jugent. À propos de tout. Il y a des allaiteuses qui jugent les biberonneuses et, je vais peut-être vous causer un choc ici, mais il y a tout autant de biberonneuses qui jugent les allaiteuses. Il y a des professionnels de la santé qui poussent peut-être un peu trop pour l'allaitement, comme il y en a qui pousse peut-être un peu trop sur les biberons. Il y a des jugements sur l'accouchement médicalisé, sur l'accouchement avec sage-femme, sur le fait de prendre ou non des cours prénataux, sur le fait d'utiliser des couches lavables ou jetables, de faire ou d'acheter ses purées, de laisser pleurer ou non, d'allaiter pas assez ou trop longtemps, pas assez ou trop souvent, de faire manger trop tôt ou trop tard, de mettre ses enfants propres ou de les laisser le devenir. Tout et rien est matière à jugement, oui, mais je persiste à croire que le jugement est souvent dans l'oreille de celui qui entend le commentaire. Pourquoi certaines se sentent jugées par un commentaire qui ne dérangera aucunement une autre personne? Si une personne me voit avec ma grosse bédaine boire une bière (sans alcool) et me dis "Hein? Tu bois de l'alcool enceinte?" je serais supposée me sentir jugée?? C'est juste une question et comme je suis dotée de la parole, je suis capable d'y répondre sans que ce soit par "Mêle-toi donc de tes affaires" "Ben oui, c'est ça je suis une mère indigne"! Même chose concernant les commentaires sur nos façons de faire comme maman. Là ou certaines sentent le jugement, il n'y a que surprise, curiosité et aussi, pourquoi pas, désaccord. Confronter des idées n'égale pas juger. Il me semble que lorsqu'on est à l'aise avec ses choix et confiante, l'opinion des autres ne nous atteint pas et qu'on est capable de défendre nos convictions et nos valeurs. On a toutes jugées et on a toutes été jugées un jour, c'est la vie, on est tous des êtres humains. Qu'il y ait jugement ou non, qu'est-ce que ça peut bien faire?? Qu'on s'assume et voilà. Des fois, ça devient tellement ridicule qu'on ne sait plus trop si on est jugée ou jugeuse. Un exemple: la maman d'un ami de garderie de mon fils à qui je parlais de temps à autre. Un moment donné, au moment où ma fille commençait la halte garderie, on jase de ça et j'ai le malheur de dire que je ne sais pas comment ça va se passer car elle est toujours allaitée (elle avait un an) et qu'elle n'a jamais bu autrement qu'au sein. La maman me répond avec un air des plus bêtes "Moi, en tout cas, j'allaite pas" et elle ne m'a plus jamais adressé la parole. J'en ri un bon coup quand j'y repense, ne sachant si elle me juge d'allaiter encore à un an ou si elle se sent jugée parce que je dis que j'allaite et qu'elle n'allaite pas. Mystère et boule de gomme.
Donc, c'est dit: tout ceci m'exaspère! Je peux comprendre que tout le monde a des mauvaises journée et que parfois une question ou un regard peut nous faire de la peine, nous remettre en question. Ben oui, moi aussi ça m'arrive. Je comprends aussi qu'on peut ressentir de la culpabilité (sujet à venir, le droit à la culpabilité, tsé on peut tu juste se sentir coupable tranquille sans se faire dire sans arrêt t'as pas à te sentir coupable?! Ça aussi ça m'exaspère, me faire dire comment je devrais mes sentir, enfin, j'y reviendrai!) à propos de certaines choses qui ne se sont pas passées comme on le voulait et que c'est normal d'être plus "sensibles" sur ces sujets le temps de faire notre deuil. Mais, ça m'exaspère de toujours devoir faire attention à mes paroles pour ne pas persécuter personnes. Ça m'exaspère qu'on m'accuse de juger alors que je ne fais que parler de mon expérience personnelle. J'ai tu le droit de dire que je ne me suis jamais senti aussi femme qu'en accouchant sans me faire jeter au visage que je trouve que les femmes qui ont une césarienne ne sont pas des vraies femmes?!
Je me censure sans arrêt, ma liberté de parole n'est pas respectée: PERSÉCUTION! (ben quoi!)