
Libellés : Babe

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Aujourd’hui, Fête des pères. Demain, 19 juin, ta fête. Tu aurais eu 53 ans, si je me souviens bien. Tu m’excuseras, j’ai encore oublié l’anniversaire de ta mort cette année. Bah, on s’en fiche! Je préfère me souvenir de toi en train de souffler des bougies que venant de te faire sauter la cervelle. Tu étais plus beau ta cigarette au bec que couché dans des draps bleus avec un trou sur le côté de crâne. Et puis, tu oublierais toi-même cette date, je suppose, tout comme ta fête, et la mienne! Des détails insignifiants, de toute façon. Je sais que je me fais juger depuis ta mort par mon comportement. Pourtant, j’agis totalement en pensant à toi, selon ta logique à toi. C’est ma façon à moi de te rendre un dernier hommage. Je n’ai pas pleuré quand tu es mort. Je me suis tenue droite comme une barre, j’ai pris tout en charge, j’ai fait mon petit discours à la messe… la messe… brrrr… c’est bien pour faire taire tes sœurs que j’ai accepté ça! Toujours est-il que tu avais choisi ton heure, qui étais-je moi pour pleurer?? Pleurer ta détresse passé, oui, peut-être. Mais ta mort, ta délivrance. Non! Désolé, moi j’étais plutôt soulagée. Pas contente, non, faudrait pas charrier, j’ai déjà l’air assez sans cœur comme ça! Je ne me suis jamais sentie coupable, non plus, contrairement au reste de la famille. Moi, je les avais réglées mes affaires avec toi. J’étais en paix avec le passé. 
Libellés : suicide
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