Il arrive souvent, quand une femme a un accouchement difficile, qu’on lui dise : L’important, c’est que le bébé est en santé. Je réfléchissais à ça dernièrement et je me suis dit que si quelqu’un m’avais dit ça, je lui aurais étampé ma main dans la face! Bon, si une femme a un accouchement difficile et qu’elle dit elle-même, l’important pour moi c’est que le bébé soit en santé, c’est correct. Pour certaines, l’accouchement n’est pas vraiment important. Que le bébé sorte de n’importe quelle manière, tant qu’il sort avec tous ses morceaux, c’est tout ce qui compte. Cependant, ce n’est pas tout le monde qui a cette vision de la chose. Il y a des femmes, en tout cas, il y a moi, pour qui l’accouchement en soi est un évènement d’une importance capitale. Oui, c’est sûr que le plus important c’est que le bébé soit en santé, personne ne va contester ça. Sauf que, bébé en santé ou pas, un accouchement qui ne va pas comme on veut, ça peut être un deuil. Bon, je parle un peu à travers mon chapeau parce que mon accouchement a été parfait, mais je peux assez bien imaginer le drame si ça avait mal tourné. J’attendais mon accouchement avec impatience. Pas juste le moment où j’allais rencontrer mon gros Babe, mais mon accouchement en tant que tel. Les contractions, les poussés, tout le kit! J’ai eu hâte à ce moment tout au long de ma grossesse. C'était pour moi le point culminant de mes 9 mois d'attente. Je n’ai jamais pensé que ça pourrait être douloureux ou aller mal. Je savais que tout irait bien, j’en avais la conviction profonde. Quand les gens me demandaient si j’avais peur, je leur répondais : « Peur de quoi? Moi ça ne me fera même pas mal! » Et j’avais raison! Oui, c’est sûr que ça a fait mal un peu, mais pas assez pour que je m’en rappelle. Je n’ai pas le moindre souvenir de douleur durant mon accouchement. Tout ça pour dire que pour moi, c’était ZE évènement dans ma vie. Le passage entre Ysa-la-pas-mère et Ysa-la-tite-mère. C’était primordial, ça devait bien se passer sinon, ça aurait été un deuil. Un gros deuil. Juste devoir demander la péridurale, ça aurait été un échec. Oui, je prends ça très à coeur, peut-être trop. Mais pour moi, le fait de mettre un enfant au monde, de faire naître mon enfant et de me faire naître en tant que maman en même tant, c’était vraiment le top de ma vie. Et si j’avais eu un accouchement épouvantable, j’aurais eu l’impression de me faire voler le moment le plus important de toute ma vie. Alors, si quelqu’un était venu me dire, par-dessus le marché, que l’important c’est que le bébé soit en santé, j’aurais pété une crise. Parce qu’un bébé en santé c’est important, mais ça ne compense pas pour tout. Parce qu’on a le droit de penser à nous aussi, pas juste au bébé. Parce que si je me fais frapper par une voiture et que je deviens tétraplégique, le fait de me faire dire que l’important c’est que mon bébé soit en santé, est-ce que ça va vraiment m’aider à passer au travers?? Bon, j’y vais peut-être un peu fort… mais enfin, ça illustre assez bien mon opinion sur la question.
Alors, si jamais un jour, j’écris sur ce blog que j’ai eu une césarienne d’urgence après avoir été en travail pendant 96 heures et souffert le martyr, s’il vous plaît, ne me dites pas que l’important c’est que mon bébé soit en santé.