dimanche, janvier 08, 2006

Moi, pauvre?

J’hais l’argent. J’aime mieux ne pas trop en avoir. J’hais ça en parler aussi, même si c’est précisément ce que je suis en train de faire. Je suis pauvre à ce qu’il parait, avec mon revenu familial annuel de 13 000$. Assez pauvre pour avoir accès aux activités de loisirs de la ville gratos! (Avoir su ça avant… j’aurais économisé 200$ en yoga prénatal!!) Selon les chiffres décidé par un quelconque « chiffreur », je suis tellement sous le seuil de la pauvreté que quand je lève la tête, c’est à peine si j’aperçois ledit seuil au loin. C’est pas mêlant, j’ai eu peur que la Guignolée vienne me donner un panier de Noël, tellement on est supposé être pauvre, moi et ma petite famille. (Je ne suis pas encore habituée à ce que le mot famille désigne moi, mon homme et Babe… j’ai un petit frisson de bonheur chaque fois. Il m’arrive même de me répéter que je suis une famille, juste comme ça, pour le plaisir de l’entendre. Famille… c’est quand même un fichu de beau mot je trouve! Enfin, passons!) J’aurais été tellement gênée de recevoir un panier de Noël. Je me serais sentie comme une imposteure. Moi? Pauvre?? Je ne me sens pas pauvre du tout. On a un grand appartement. Vieux, oui. Un peu tout croche, oui. Mais on y est bien. On mange à notre faim, on a chaud, on a des vêtements en masse. En fait, mon chum commence à être plutôt démuni point de vue pantalon, mais c'est davantage une phobie des centres commerciaux qu'un manque de moyens! Non, je ne trouve pas qu’on est pauvre. Je ne me sens pas concernée quand il est question de pauvreté. Ici, on est riche d’amour, de rire, de douceur. On n’est pas trop démuni, je pense, sur le plan intellectuel. On a des discussions riches, stimulantes moi et mon homme. On a de l’imagination. On peut s’inventer n’importe quoi. Même qu’on est riche si on veut. Juste le temps d’un souper au resto, trop cher pour nos moyens, comme on faisait avant bébé. On a du temps de qualité ensemble, tous les trois. On est riche de relations amicales et familiales. Je préfère de loin avoir le compte bancaire vide et le cœur plein de bonheur, la tête pleine d’idées, la maison pleine de rires et de chansons. C’est certain qu’il y a des jours, la poussette pognée dans un banc de neige, où je me dis qu’une voiture pourrait servir… mais la plupart du temps, non. Je ne changerais rien de ma vie, parce que les richesses les plus importantes, je les ai.

1 commentaire:

Marie-Lune a dit...

C'est beau de lire ça..Et tu as parfaitement raison...je pense exactement comme toi...Mon chum voulait attendre qu'on ait pas mal de sous de côté pour avoir une 'famille' (oui, c'est un mot superbe Isa, tu as raison) et j'ai dit à mon chum que si nous attendions d'avoir des sous de côté, jamais nous n'aurions d'enfants...On passera quand même pas à côté du bonheur à cause d'un manque de sous...Nous avons alors eu 2 enfants, et ils ont jamais manqués de rien...Ils ne manquent de rien encore..Ils ne sont peut-être pas aussi 'gâtés' que nous le voudrions mais, dans un sens, ils le sont gâtés..ils sont gâtés d'amour..Nous sommes riches d'amour..

xx