dimanche, décembre 11, 2005

Magistral Mistral!

J’ai longtemps cru que je détestais la poésie, que je n’y comprenais rien… je me trompais. J’aime la bonne poésie! Moi, « Ah! Comme la neige a neigé », désolé pour les aficionado d’Émile, je trouve ça plate à mort, on croirais que ça été écrit en 1750! Par contre, j’ai découvert récemment, merci Loco Locass, Christian Mistral. Quelle poésie. Le plus grand talent littéraire au Québec, que je dirais. Je voudrais avoir juste le dixième de son talent. Quand je serai grande, je veux être Christian Mistral!
Après avoir fait cul sec de son Vautour, je dévore son Valium. Parfois deux à trois fois la même page, trop belle, et à haute voix pour savourer encore mieux le beat… Aller Marius, dodo, maman veut lire juste un petit chapitre encore.
Jugez par vous-mêmes :

« Moi, je voulais écrire des romans sur la malsaine soue américaine, sous prétexte qu'on s'y vautre par millions comme autant de petits cochons, tirelires rosâtres à l'échine de porcelaine fendue. Je me gourais, bien entendu; le premier jardinier venu saurait faucher ce terrain-là, si vague et si rocheux qu'il soit, si plein des poisons que l'on dit, et appauvri encore, anémié comme ces sangs clairs qui parcourent le corps des vaincus, des semi-morts, des quasi-nés payeurs de taxes, qui entretiennent leur chair séchée sans se soucier de l'irriguer, pareille à l'eau lancée full planche dans les tuyaux d'une porcherie, pompée le long d'un réseau lisse de transparentes tubulures, une eau stérile et sans saveur, l'eau des pleins d'marde et des poupounes, l'eau des tarés du monde entier, l'eau-de-feu-froid, de-vie-qui-tue, train qui broie l'idée de Dieu, gamin la foi me tenait lieu de bateau-phare de bateau-feu, et prendre l'eau n'est pas mortel quand c'est une eau n'importe quelle qui s'épaissit en franchissant le cap du coeur désespérant une eau marine amère et rouge bilirubine de désarroi... »

Alléluia!

1 commentaire:

Mistral a dit...

Vous me faites bien plaisir.